On ne joue pas au poker à deux. On ne joue pas des haricots. Combien de cartes utiliser? Une variante du cérémonial vaudou. Des jeux neufs en début de partie. "Il faut sortir Julot."
Est-il indispensable de jouer au poker des sommes telles que leur perte soit susceptible de vous ôter le sommeil? Nous ne nous prononcerons pas. Une partie où l’on ne joue que des haricots, en revanche, est strictement dénuée d’intérêt.
On peut jouer au poker à quatre, cinq, six, sept ou huit joueurs, avec un nombre de cartes évidemment fonction du nombre de joueurs. Il arrive que certains passionnés de ce jeu, isolés dans un lieu où ils s’ennuient (un train, une prison, un ministère) jouent à trois et même à deux. Ce n’est pas sérieux. Quatre joueurs est le chiffre minimum.
On joue au poker à cinquante-deux, quarante-quatre ou quarante cartes, plus rarement à trente-six ou trente-deux cartes, sauf en Italie, notamment, où le jeu à trente-deux est le plus fréquent.
Certains joueurs vont jusqu’à n’utiliser que vingt-huit, voire vingt-quatre cartes. Ils en ont le droit, évidemment, comme ils ont celui de porter des charentaises avec une queue de pie.
D’autres fantaisistes ajoutent au jeu un "joker" ou deux (cartes auxquelles on donne la valeur que l’on veut). Oublions ces clowneries.
Le tableau ci-dessous indique le nombre minimum de cartes à utiliser suivant le nombre de joueurs
4 joueurs 32 cartes
5 joueurs 40 cartes
6 joueurs 40 cartes
7 joueurs 44 cartes
8 joueurs 52 cartes
Mais rien, évidemment, ne vous interdit d’utiliser si vous n’êtes que quatre, par exemple, quarante, quarante-quatre ou cinquante-deux cartes.
Plus le nombre de cartes est réduit, plus les combinaisons sont fréquentes.
Bien peu de joueurs de poker prennent connaissance de leurs cartes d’un seul coup d’oeil, comme par exemple au baccara. Le joueur de poker a une technique très particulière qui ne se retrouve dans aucun autre jeu.
D’une main, il tient ses cinq cartes collées l’une contre l’autre de sorte qu’il n’en voit qu’une tandis que de l’autre main, s’aidant de l’index et du pouce, par mouvements saccadés du poignet, d’une amplitude aussi réduite que possible il fait glisser ses cartes l’une sur l’autre, jusqu’à en découvrir une surface suffisante pour connaître son jeu. C’est ce qu’on appelle "filer ses cartes" (à ne pas confondre avec "filer la carte", qui signifie en escamoter une).
Contemplé par un non-initié, le "filage" des cartes est un spectacle étrange, qui tient à la fois d’une variante du cérémonial vaudou et de la danse de Saint-Guy. Mais c’est une méthode efficace à deux points de vue. Primo : un adversaire a peu de chances de découvrir votre jeu, puisque vous en découvrez vous-même si peu. Prudence élémentaire au poker, où le secret est capital. Sans doute est-ce là l’origine du "filage". Sept joueurs réunis autour d’une table trop étroite ne peuvent cacher leur jeu qu’en le "filant". Secundo : on considère généralement que si vous découvrez un "full" aux rois "servi" par très petites étapes, vous éprouvez un plaisir plus aigu que si vous le recevez tout entier dans l’oeil d’un seul coup, de même qu’un homme qui cherche des pépites ou des champignons préfère les apercevoir l’un après l’autre plutôt que d’avoir soudain une vision globale de tout ce qu’il pourra cueillir.
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